Les effets pervers de la loi

16 mai 2017 Par Marianne Durand Dans Actualités

La lutte entre les chauffeurs de taxi et Uber a fait au moins une victime collatérale : la coopérative Transport Challenger. Ses chauffeurs étant exclusivement des personnes sous main de justice, ils ne peuvent présenter la « clause d’honorabilité », désormais exigée par la loi de décembre 2016, pour avoir la carte professionnelle.
Jusque là, trois statuts régissaient principalement le transport par véhicule hors bus et car : le statut VTC (voitures de transport avec chauffeur), le statut taxi et le statut Loti, plus souple, utilisé par la coopérative. Mais la loi Grandguillaume du 29 décembre 2016 durcit les conditions d’accès à la profession de chauffeur, en n’autorisant plus le statut Loti dans les grandes agglomérations. Transport Challenger sera mise en liquidation cet été.

Pourtant, ayant reçu en 2015 le prix de l’innovation sociale délivré par les Cress, la société coopérative d’intérêt collectif faisait ses preuves. Elle favorisait la réinsertion d’anciens détenus, grâce à un emploi pérenne de chauffeur qui les valorisait auprès des personnes fragiles, âgées, handicapées, premiers clients de Transport Challenger.
Marc Boitel, le directeur de l’entreprise est amer : « l’exigence d’honorabilité dans les professions réglementées ne doit pas s’imposer comme une évidence. Cette politique doit être évaluée et justifiée, au-delà des arguments de façade et des préjugés. »

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