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L’ESS doit s’attaquer à la division sexuée du travail

Ségrégation des métiers, temps partiel, plafond de verre, inégalités salariales… A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Observatoire de l’égalité femmes-hommes dans l’ESS a publié début mars une étude accablant sur les inégalités liées au genre dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. En cause, le manque de cohérence entre les valeurs du secteur et la réalité de la place donnée aux femmes. L’ESS est en effet l’économie la plus féminisée en comptant 68% de femmes, mais elle n’échappe pas aux maux qui touchent les femmes dans le secteur traditionnel.

Le rapport relève 23% d’écart de salaire dans l’ESS, soit à peine un point de moins que dans les secteurs publics et privés confondus. Pour un secteur qui se veut exemplaire, la nuance est bien faible. L’ESS a longtemps été dans le déni des inégalités hommes-femmes dans son écosystème, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : seul 1 entrepreneur social sur 3 est une femme. Et cela, en dépit de la création de programmes d’accompagnement spécialement dédiés aux femmes.

L’accès aux postes de décision reste, lui aussi, l’apanage des hommes : les femmes ont deux fois moins de chances que leurs homologues masculins d’être cadre, même dans l’ESS. Parmi les mauvais élèves, les mutuelles comptent à peine 24% de femmes dans leurs conseils d’administration et 13% seulement occupent un poste de présidente. Non seulement l’emploi des femmes dans l’ESS est donc moins qualifié que celui des hommes, mais il est aussi plus précaire. Les femmes représentent en effet 76% des travailleurs de l’ESS en CDD à temps partiel, c’est à peine moins que dans l’économie traditionnelle. Un constat qu’il faut néanmoins temporiser, car l’ESS recrute fréquemment à temps partiel : un tiers de ses salariés sont concernés, contre un quart dans le secteur public.

Le plus gros chantier sur les inégalités de genre dans l’ESS reste sans aucun doute la division sexuée du travail. Il est dit de certains secteurs qu’ils sont « typiquement féminins ». C’est le cas des métiers du soin, de l’éduction ou de l’assistance. Une femme sur deux travaille dans l’action sociale, 12% occupent un métier dans l’aide à domicile. Cette division du travail est même plus forte dans l’ESS, où seuls six secteurs d’activité sont réellement “mixtes”, contre 8 secteurs dans l’économie classique, relève l’Observatoire. La parité est un objectif essentiel. Y parvenir commence par instaurer la mixité dans nos métiers.

 

Qu’en est-il des inégalités femmes-hommes en Ile-de-France ? La CRESS Ile-de-France a publié le 8 mars dernier sa fiche synthèse sur l’ESSentiel de l’égalité femmes-hommes dans l’ESS : l’écart de salaire entre hommes et femmes est plus élevé que la moyenne nationale, il s’établit à 27%. La moitié des femmes travaille dans l’action sociale ou la santé, contre un-tiers des hommes. En revanche, l’ESS francilienne marque quelques points concernant la représentativité des femmes dans la hiérarchie : 20% de femmes sont cadres ou cheffes d’entreprises dans les structures de l’ESS d’Ile-de-France, contre 13% à l’échelle nationale.

Publié par Line Bobi, le 29 mars 2019

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