La mobilité au cœur de la transition écologique
La loi Energie Climat de 2019 affiche un objectif clair : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. La mobilité, premier secteur d’émissions de gaz à effet de serre en France avec 34% des émissions carbones1, constitue un des enjeux clé de la transition écologique.
Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire d’opérer un changement dans nos modes de déplacements en les réorientant vers des mobilités plus respectueuses de l’environnement (mobilités douces, transports collectifs, etc.). Le recours à la voiture individuelle reste aujourd’hui largement majoritaire1 ; or, celui-ci est responsable de 53% des émissions du secteur des transports à l’échelle nationale2.
Des accès encore inégaux à la mobilité
A cet aspect écologique s’ajoutent les problématiques d’inclusion sociale, d’égalité territoriale et d’accès aux ressources.
La mobilité reste fortement contrainte par les caractéristiques socio-économiques : en une année, les 25% les plus riches de la population parcourent six fois plus de distance que les 25% les plus pauvres3. Les populations les plus précaires combinent en effet manque de ressources et manque de desserte sur leurs territoires.
Les différences de pratiques de mobilités reflètent d’importantes disparités de genre. Les femmes sont plus contraintes dans leur déplacement, en termes de distance parcourues et de mode de transport utilisés : en moyenne, elles parcourent 118 kilomètres de moins que les hommes par semaine et recourent davantage à des transports collectifs1. Les stéréotypes de genre, induisant l’assignation du rôle féminin à la gestion du foyer et de la famille, en est l’un des principaux facteurs (multiplication des mobilités courtes).
L’accès aux déplacements dépend également de l’accessibilité des infrastructures de transports. Malgré un cadre légal renforcé ces dernières années, celle-ci reste très insuffisante, limitant la mobilité des personnes en situation de handicap. A titre d’exemple, en 2023, seul 9% des stations de métro parisiennes étaient accessibles pour les personnes à mobilité réduite2.
A l’échelle des territoires, là encore, les disparités sont fortes. Les espaces les plus pauvres et les territoires ruraux restent particulièrement carencés en offre de transport, renforçant la dépendance de leurs habitants à la voiture.:
L’économie sociale et solidaire : pour des mobilités durables et accessibles à toutes et tous
L’économie sociale et solidaire apporte des solutions concrètes aux différents enjeux soulevés par la mobilité, sur tous les territoires. Des associations, coopératives, fondations, mutuelles… portent déjà des initiatives innovantes et adaptées aux besoins locaux.
Les plateformes de mobilité solidaires (solutions de transport adaptées, auto-écoles sociales…) et les garages solidaires (entretien de véhicule à bas coût, insertion…) facilitent l’accès à la mobilité des publics les plus fragiles. Les coopératives d’autopartage et de covoiturage offrent des alternatives collectives à l’usage de la voiture individuelle.
Les acteurs de l’économie solidaires sont également engagés dans le développement des mobilités douces, notamment du vélo. Celui-ci est valorisé tant comme un mode de déplacement individuel (vélo-écoles, ateliers vélo) que comme un moyen de transport de marchandise (cyclo logistique).
Comment soutenir les acteurs ESS de la mobilité en tant que collectivité ?
Les collectivités territoriales disposent de plusieurs leviers pour soutenir les acteurs ESS de la mobilité.
Elles peuvent soutenir financièrement les structures engagées sur le territoire, faire la promotion de leurs actions et les solliciter lors des différents évènements organisés. Elles peuvent également inciter les entreprises à faire appel à ces structures dans le cadre de leur plan mobilité d’entreprise.
L’intégration des acteurs de l’ESS à la construction des politiques publiques de mobilité constitue un second levier essentiel. Plusieurs documents peuvent être concernés : les Plans de Déplacement Urbain, les plans de circulation, les plans de déplacement des établissements scolaires (PDES)… Cette co-construction permet de mieux adapter les stratégies locales aux réalités des territoires.;
Découvrez les initiatives portées par les organisations du réseau de la CRESS Île-de-France sur cette thématique !
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L’association Essonne MobilitéS accompagne les collectivités dans la mise en œuvre de solutions de mobilité individualisées et durables destinées aux personnes les plus défavorisées résidentes sur le territoire de l’Essonne (accompagnement du lancement du projet au suivi des actions).
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Ecov déploie et opère en collaboration avec les collectivités des lignes de covoiturage adaptées aux besoins des territoires périurbains et ruraux. À la demande d’une collectivité, ECOV réalise une étude diagnostique préalable puis ajuste ensuite le service aux besoins du territoire et au potentiel de lignes de covoiturage : analyse des flux, typologie des conducteurs, etc.
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À la croisée de la mobilité durable, de la solidarité et de la citoyenneté, l’association cyclAvenir utilise l’apprentissage et la pratique du vélo comme un outil d’autonomie, de lien social et d’accès à la ville et à la culture pour les personnes en situation de précarité et/ou d’exil.
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1 Source : Forum Vies Mobiles, Enquête nationale mobilité et modes de vie, 2020 https://forumviesmobiles.org
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2 Source : Handicap.fr, Paris 2024 : accessibilité des transports encore en chantier, 2023
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1 Source : Commissariat Général au Développement Durable, 2025 https://informations.handicap.fr/a-paris-24-accessibilite 1 65% en 2019 selon l’Autorité de Régulation des transports (2022)
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2 Source : Commissariat Général au Développement Durable, 2025 https://www.notre-environnement.gouv.fr
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3 Source : Autorité de Régulation des Transports, d’après EDM 2019 https://www.autorite-transports.fr https://www.notre-environnement.gouv.fr