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Faire entendre la voix des entreprises de l’ESS : retour sur le plaidoyer engagé par la Cress IdF

De nombr.eux.euses administra.teurs.trices de la Cress participent depuis le début du confinement aux réunions des cellules de crises mises en place par l’Etat et la Région. Début avril nous avons tenté à travers nos publications, de soutenir et accompagner les dirigeants ESS en relayant les informations et les circuits d’accès aux différents dispositifs, notamment le PGE et les Fonds de solidarité 1 et 2 mis en place par l’Etat et la Région.

Nous avons ouvert quelques jours après les annonces de la mi-mars, un espace de ressources en ligne pour tenter de résoudre les multiples difficultés que posait ce confinement généralisé aux entrepreneurs de l’ESS. D’abord pour informer les acteurs et contribuer à la préservation de leur santé et très vite pour soutenir le maintien des entreprises sociales et solidaires qu’ils dirigent et les structures qu’ils animent. Nous avons mis en place un formulaire pour mieux rendre compte des difficultés qu’ils et elles rencontraient. Nous avons contribué au déploiement du dispositif de secours ESS dédié aux TPE initié par le Haut-Commissariat en lien avec l’Avise, France Active et le réseau DLA. Et enfin, nous avons mis en place un numéro vert d’orientation des acteurs et actrices de l’ESS pour limiter le non-recours aux dispositifs de soutien auxquels ils peuvent prétendre.

L’analyse de ces dispositifs, des critères d’accès ou encore les ressources mises en œuvre ont vite montré leur inadaptation aux spécificités des entreprises de l’ESS et à l’ampleur des besoins exprimés. Les critères en nombre d’ETP, en part minimum du chiffre d’affaire généré par la vente de prestations, en garantie d’emprunts apportées par du capital ou des fonds propres suffisants sont autant d’éléments causant l’éviction de nombreuses structures de l’ESS. Le manque de ressources allouées à l’accompagnement des organisations ESS est un facteur aggravant non négligeable dans la mesure ou les dispositifs de soutien sous la forme d’avance de trésorerie constituent pour les organisations un endettement devant être remboursé à moyen terme.

Nous avons dans un premier temps alerté par courrier la Présidente de la Région et les services de la Préfecture régionale, en nous inquiétant des possibles conséquences qu’auraient les « trous dans la raquette » de ces dispositifs de soutien économique conçus pour des modèles d’entreprises capitalistes marchandes. Sans réponse formelle à cette demande de rencontre, nous avons diffusé une tribune marquant les quelques points d’achoppement identifiés dans la chaine d’accompagnement et de soutien des entreprises de l’ESS durant la période COVID 19.

Nous n’étions pas convaincus avant cette crise que l’éligibilité annoncée des entreprises de l’ESS aux politiques de soutien à l’économie classique serait une réponse satisfaisante et durable permettant d’espérer un changement d’échelle significatif de l’ESS sur les territoires franciliens. Après la crise de COVID-19 et les limites sociales et environnementales qu’elle révèle de l’économie productiviste, force est de constater la nécessité de repenser un véritable volet ESS dans le SRDEII (Schéma régional de développement économique d’Innovation et d’Internationalisation), comparable à ceux que d’autres exécutifs régionaux ont su élaborer.

Parmi les pistes de réflexions pour une meilleure prise en compte des spécificités de l’ESS, les dirigeants et dirigeantes francilien.ne.s réuni.e.s à la CRESS IDF proposent :

  • La mise en place d’un soutien régional au dispositif local d’accompagnement (DLA) qui a permis de consolider 639 structures franciliennes cette année, sans compter la mise en œuvre du dispositif d’urgence ;
  • La création d’un fonds d’investissement dédiés à l’ESS permettant de renforcer les hauts de bilan des entreprises implantées en Île-de-France ;
  • Un accès aux marchés publics facilité pour les SIAE ( notamment en matière de rénovation thermique, d’agriculture urbaine, de mobilité douce, de popularisation de l’accès au numérique, etc.) ;
  • La création d’un dispositif d’emplois aidés spécifique pour l’insertion durable des salariés dans les filières stratégiques : Eco circulaire, production alimentaire, mobilité douce, transition énergétique ;
  • L’impulsion d’appels à projet territoriaux en lien avec les EPT et agglo afin d’amorcer des dynamiques de coopération entre entreprises sur les territoires, tout en sortant de la logique de chef.fe de file ou de champion.ne.

Nous restons convaincu.e.s que la mise en œuvre d’une politique ambitieuse de développement de l’ESS en Île-de-France ne pourra se faire qu’au moyen d’un dialogue structuré et d’une large consultation de ses acteurs, actrices et usager.e.s. Cette nécessaire co-contruction des politiques publiques régionales permettrait de renforcer l’adhésion et l’adéquation des dispositifs aux structures, donc d’en améliorer l’efficience. La perspective de la prochaine conférence régionale de l’ESS, prévue en début d’année prochaine devrait permettre de faire le bilan de la politique régionale ESS, de l’état des structures à l’issue de l’épidémie après analyse des différentes enquêtes en cours.

Publié par Line Bobi, le 2 juin 2020

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