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L’ESS ET L’ÉTAT

La vision Direccte…

Par son thème, « Responsabilité des entreprises et ESS : quelles alliances positives ? », le colloque de la Direccte du 30 novembre était ambitieux. Cette rencontre organisée par l’État avait associé des représentants de l’ESS à sa préparation.

Malgré cela, le choix des intervenants ne reflétait pas les forces vives de l’ESS en Île-de-France, comme on l’aurait souhaité pour un événement présenté en fermeture du Mois de l’ESS. Par exemple, c’est un responsable de l’énorme entreprise marchande d’intérim Adecco qui était invité à parler des clauses sociales dans les marchés publics.

L’insertion par l’activité économique étant un des axes forts de l’action de la Direccte, il est intéressant de l’appréhender via la loupe des chercheurs. Benjamin Menel s’est ainsi penché sur les enjeux de la gestion publique et des publiques d’emploi locales relatives à l’insertion. De ce mémoire de master 2 « Action publique, action sociale », dirigé par Matthieu Hély, de l’université de Nanterre, on peut tirer plusieurs enseignements.

 … Et la vision des acteurs de terrain

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C’est la régie de quartier d’Asnières qui a fourni à B. Menel son « terrain ». Il y a en particulier étudié le « dialogue de gestion », clé du conventionnement des structures d’insertion par l’activité (IAE) avec la Direccte. Malgré son nom, le fameux dialogue de gestion est plutôt une façon pour l’État d’imposer ses objectifs aux SIAE.

En effet, dans le cadre des politiques publiques de l’emploi et de leur évaluation, la Direccte examine le travail des structures d’insertion à l’aune de résultats chiffrés. Il s’agit de comptabiliser les « sorties positives » vers l’emploi. Dans cette optique, l’État ne s’intéresse que de loin à l’approche sociale, qualitative, de la régie de quartier auprès de ses salariés en insertion. L’évaluation par les seuls indicateurs de performance a un effet pervers : elle pousse les structures à sélectionner par le haut les personnes qu’elles vont suivre. En s’intéressant aux publics les plus facilement « insérables », les SIAE sont poussées à laisser sur le bord du chemin les plus vulnérables.

Dans son mémoire, Benjamin Menel observe que les pouvoirs publics départementaux et régionaux se distinguent de l’État, par une appréhension des SIAE qui se rapproche de celle des structures d’insertion elles-mêmes.

 

Publié par Marianne Durand, le 18 décembre 2015

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